Cher-es ami-es non gros-ses, lisez donc ça

Alors voilà, y’a plein de choses merdiques que tu fais qui m’ennuient :

  • Tu postes des photos des repas bien riches que tu manges et tu les commentes avec des phrases comme « voilà pourquoi je suis groooooosse », « j’ai mangé comme une grosse » ou #groscul. Les gros-ses ne mangent pas de cette manière tout le temps, si nous le faisions, nous ne pourrions pas rester à un poids stable, nous n’arrêterions pas de grossir, comme Violet dans Willy Wonka tu vois ? Et s’il te plait, arrête de reporter ta culpabilité étrange d’avoir bouffé sur nous, les gros-ses, qui subissons déjà assez d’emmerdes parce que nous osons exister. Pourquoi est ce que tu n’utilises pas des hashtags comme #avidité #grosrepasdecapitaliste ou #repasdeprivilégiéoccidetal #6porcssontmortspourcerepas  
  • Quand tu me dis que tu te sens gros-se au lieu de dire que tu te sens peu attirant-e, que t’as trop mangé ou que tu te sens ballonné-e. Être gros, c’est un état, ce n’est pas une sensation. En fait, si tu te sens gros-se alors que tu ne l’es pas, cela s’appelle de dysmophorphobie, et tu devrais consulter. Quand tu me regardes, moi la grosse femme, et que tu me dis « Beurk, je me sens grosse », moi ce que j’entends c’est « Olala c’est ca être gros-se, tu dois te sentir mal tout le temps, va perdre du poids ou tues toi en essayant ».

  • Tu me demandes à moi « Est ce que ce j’ai l’air gros-se là dedans ? » Devine quoi, tout ce que je porte me donne l’air gros-se. Alors c’est non seulement manquer complètement d’égard pour moi de le demander, mais c’est surtout une grosse baffe dans la gueule de me le demander à moi, une personne vraiment grosse. Si toi et tes autres potes minces qui manquent de confiance en eux-elles veulent faire un groupe de parole sur vos poignées d’amour, faites le donc, mais cessez de nous imposer vos états d’âmes.
  • Poster des statuts à propos de tes résolutions pour ta santé et ta nutrition d’une manière fat shamante, par exemple « je me sens trop bien maintenant que je ne suis plus grosse » « en 2018 je me promets d’éradiquer mon gros cul ». Si tu veux t’occuper de ta santé et surveiller ce que tu manges, très bien, je suis contente pour toi, mais c’est vraiment pas la peine de me culpabiliser en passant. Je ne t’ai jamais demandé-e d’être tenu-e responsable de ta prise ou de ta perte de poids. Et quand tu reprendras du poids après ton 16ème régime de l’année, sois sur-e de ma totale compassion teintée d’ironie.

  • Tu utilises des photos ou des dessins de personnes gros-ses pour faire des blagues, des memes. Tu tags des gens sur ces photos. Arrête immédiatement. T’es con-ne Sérieusement. Arrête. Tu fais de la merde.

  • Tu me parles du temps où tu étais gros-se comme si ca te donnait un genre de crédibilité à mes yeux. J’en ai rien à foutre.  Et le fait que tu aies été gros-se ne t’autorise en rien à faire des jugements à l’emporte pièce sur les personnes grosses. « Moi quand j’étais gros-se je mangeais Mc Do tout le temps » cool pour toi. Mais rappelle toi  que nous sommes tousTes des personnes différentes et que ta seule expérience ne parle pas de la mienne. Et que même si je fais le chois de manger chez Mc Do tout le temps, ce qui n’est pas mon cas mais on ne sait jamais, ca n’a rien à voir avec toi et tes jugements de merde. La nourriture et la moralité sont deux choses différentes. Ne les confonds pas dans ta quête de surpasser ton ancien toi gros-se. T’es encore cette même personne, t’as juste moins de gras.
  • En parlant de gras, ne me raconte pas comment tu as perdu du poids si je ne te demande rien. Ne me fais pas la longue liste de toutes les restrictions que tu as enduré, de l’exercice que tu as fait, de ton déficit calorique, de ta poudre de protéine et de tes sandwichs à la laitue. Je ne t’ai rien demandé. Je m’en tape. Je me fous que les gens veuillent prendre ou perdre du poids. Ce n’est pas parce que tu vois un gros dans la rue qu’il demande des conseils. Il est juste dans la rue. Et laisse moi te le redire, j’en ai rien à foutre de ton régime.
  • Tu me dis des trucs sur ce que tu ressentais quand tu étais gros-se : incapable, moche, misérable, mais maintenant, tu te sens au top. Oui, je suis sure que tu as ressenti tout cela quand tu étais gros-se parce que nous vivons toi et moi dans une société qui déteste les personnes grosses et qui fait tout pour que nous nous sentions mal. Mais tu penses vraiment que c’est cool de mettre tous tes problèmes sur le compte de ton poids ? Parce que nous, qui sommes encore gros-ses, on a vraiment pas besoin de ta haine de toi. Et on a pas forcément envie d’en entendre encore une fois qu’on s’est tapé-e toute la haine des gros-ses dans les films, à la télé, sur Internet. Les gens gros ont le droit d’être admirés, aimés, aidés comme toutes les autres personnes.
  • Tu commentes le physique des gens, et plus particulièrement celui des femmes avec des phrases comme « olala elle est tellement grosse » ou « oulala t’as vu comment elle a pris du cul » ou « elle devrait vraiment pas s’habiller comme ca avec son poids ». Wow. Tu n’as même pas conscience du nombre de fois où j’ai envie de te coller une baffe quand tu sors ce genre de choses. Je dois à chaque fois faire la gymnastique mentale nécessaire à me rappeler que tu es une personne qui manque de confiance en elle, et pas seulement un-e con-ne. Imagine une seconde que les gens partout commentent sur quelque chose de ton physique, comme la couleur de tes yeux. Que partout où tu ailles, les gens s’exclament « olalalaaa les yeux noisettes c’est vraiment de la merde, c’est honteux ».

  • Si tu me vois manger de la salade, des légumes, des fruits, des céréales complètes, ou boire de l’eau, ne me félicite pas. C’est débile de bétise. Ferme là. Ne dis rien sur ce que les personnes gros-ses mangent ou pas d’ailleurs, ca sera plus simple. Particulièrement si ce sont des inconnu-es. Ca-ne-te-concerne-pas. C’est clair ?
  • Ne me glisse pas dans l’oreille de manière chelou que les personnes gros-ses t’excitent. Ne me raconte pas les fantasmes dans lesquels tu baises mes bourrelets. Ne me dis pas que tu couches avec des gros-ses parce que c’est plus facile. T’es ignoble.

 

Cet article est une traduction, l’original est ici.

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4 réflexions sur “Cher-es ami-es non gros-ses, lisez donc ça

  1. Wonderland dit :

    Bonjour,

    Déjà, disclaimer : je suis obèse, mais pas assez pour vivre la grossophobie au quotidien à plein régime, ça joue évidemment sur mon avis.

    Si j’ai trouvé ce post très juste sur certains points – notamment les gens qui viennent parler de régime quand on en a juste rien à carrer, c’est gonflant – je n’ai absolument rien contre les gens qui se sentent gros quand ils ne le sont pas. Parce que le discours grossophobe de la société touche tout le monde, y compris des gens qui sont parfaitement normaux, mais dont la normalité représente un IMC de 23, là où est vanté un IMC de 19. J’ai été à leur place, à ne jamais juger durement quelqu’un de gros mais en ayant l’impression d’être énorme quand j’étais parfaitement normale. Et ce, sans pour autant tomber dans la dysmorphophobie. Parce que mon poids était tout à fait correct d’un point de vue médical mais pas d’un point de vue sociétal.
    Et depuis que j’ai grossi, je trouve important de respecter le ressenti de mes ami.e.s minces et de ne pas les prendre pour moi. Ils méritent de la bienveillance aussi, je crois.

    Oh, et j’ai conscience que ce billet est un coup de gueule. Mais bon, je me permets de donner mon avis 🙂

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